ROQUIGNY S., CIRAD, UMR MOISA, Montpellier, France, VAGNERON I., CIRAD, UMR MOISA, Montpellier, France, LESCOT T., CIRAD, UPR UPR Systèmes bananes et ananas, Montpellier, France et LOEILLET D., UPR UPR Systèmes bananes et ananas, Montpellier, France
Résumé
On assiste aujourd’hui à l’essor de certifications privées permettant de différencier les produits auprès des consommateurs. De nombreuses certifications mettent ainsi en avant le respect de l’environnement et l’équité. Cet article a précisément pour objectif de s’interroger sur l’équité au sein de ces filières qui mettent en avant les principes du développement durable. Pour répondre à la question de l’équité dans les filières biologique et équitable, nous étudions la répartition de la valeur et du pouvoir au sein de ces filières et la comparons à celle de la filière conventionnelle. Cet article s’appuie sur une étude de terrain de 6 mois qui nous a mené des plantations de bananes de la République Dominicaine aux supermarchés européens. Nous montrons que, même si les producteurs de bananes parviennent à capter une plus grande part de la valeur ajoutée en participant à ces filières certifiées, ce sont les acteurs de l’aval qui ramassent la mise. Qui plus est, les filières certifiées sont organisées de manière identique et utilisent souvent les mêmes circuits de distribution, les mêmes mécanismes de coordination et la même logistique que les filières conventionnelles. Les décisions stratégiques concernant ce qui doit être produit, comment et pour quels segments du marché sont prises par les acteurs de l’aval, qui concentrent ainsi le pouvoir.
Abstract
Private voluntary schemes aimed at differentiating the products flourish on global markets. Among these schemes, “sustainable standards” are aimed at promoting values such as environmental friendliness and fairness. The aim of this paper is to question the fairness of these “sustainable standards”. To do so, we study the distribution of value and power within the conventional and sustainable (organic and fair trade) banana chains. This paper is based on an original six-month investigation that started in the Dominican Republic banana plantations and ended with European global retailers. We show in this article that although the producers do manage to extract a greater share of the rent by participating in sustainable banana chains, the downstream actors are the real winners of the game. More importantly, sustainable banana chains involve the same actors, logistics and relations as their conventional counterparts. All important decisions concerning what must be produced, how and for which market segment are taken by the downstream actor who, in the end, also concentrate most of the power.
© FTIS - 2008 - Tous droits réservés. : 21/07/2008