CHAMBOLLE C.,INRA, UR1303, ALISS, Ivry-sur-Seine et Ecole Polytechnique, UMR7176, Laboratoire d'Économétrie, Paris et PORET S., INRA, UR1303, ALISS, Ivry-sur-Seine et Ecole Polytechnique, UMR7176, Laboratoire d'Économétrie, Paris, France
Résumé
Cet article cherche à vérifier l’observation suivante proposée dans un rapport de l’European Fair Trade Association (EFTA) : « le fait de payer un prix équitable même pour une petite partie de la production provoque souvent un effet boule de neige sur les prix payés pour le reste de la production. » Nous proposons une modélisation originale de la filière café avec trois niveaux, en prenant en compte la situation la plus défavorable pour les producteurs : les producteurs de café en amont qui vendent la matière première, en situation de concurrence parfaite ; les quelques grands torréfacteurs qui assurent la transformation en produits finis ; un distributeur en situation de monopole en aval, qui assure la vente de ces produits aux consommateurs. Dans ce cadre, une filière café équitable offre aux petits producteurs un prix minimum garanti lorsque le cours du café, le prix spot, est faible (cas de surproduction) et une accès direct au distributeur (réduction du nombre d’intermédiaires). La présence de cette filière équitable influence directement le cours du café, qui s’établit sur le marché entre les autres petits producteurs de café non membres de la filière équitable et les grands torréfacteurs. Ainsi, le prix spot est plus élevé lorsqu’il y a une filière équitable si la surproduction n’est pas trop importante. Nous montrons également que l’objectif du certificateur équitable et donc le niveau du prix minimum garanti influent également sur le prix spot ; un prix minimum garanti trop élevé réduit le prix spot proposé aux producteurs hors du circuit équitable lorsqu’il y a surproduction.
Abstract
This paper seeks to check the following idea suggested in a report of European Fair Trade Association (EFTA): “most producers only sell a small part of their total production to the fair trade market. The rest is sold under the usual conditions to the mainstream market. However, by paying a fair price for even a small part of production, there is often a snowball effect on prices paid for the rest of production.” We propose an original model of the coffee supply chain with three levels, by taking into account the least favourable situation for the producers : the coffee producers upstream who sell the raw material, in perfect competition; the few large roasters which provide finished products; and a downstream monopoly, that is, a distributor, which sells them to final consumers. Within this framework, a fair trade coffee channel offers to some small producers a guaranteed minimum price when the coffee market price, the spot price, is weak (case of overproduction) and a direct access to the distributor (reduction of the number of intermediaries). The presence of this fair trade channel directly influences the spot price, which is established on the market between the producers not members of the fair trade channel and the roasters. Thus, the spot price is higher when there is a fair trade channel if the overproduction is not too high. We also show that the objective of the fair trade certifier and thus the level of the guaranteed minimum price also influence the spot price; a guaranteed minimum price too high reduces the spot price proposed to the producers out of the fair trade circuit when there is overproduction.
© FTIS - 2008 - Derechos reservados. : 16/07/2008